Le jour de l’épreuve pratique, l’inspecteur ne juge pas au feeling. Il remplit une grille officielle pendant que vous conduisez, ligne par ligne. Elle vaut 31 points. Il vous en faut 20 pour être reçu, et aucune faute éliminatoire.

La plupart des candidats la découvrent le jour même, ou jamais. C’est dommage : savoir ce qui se note change la façon dont on conduit pendant ces trente minutes — et plusieurs points se gagnent sans toucher au volant.

La grille complète : les 10 critères

La grille se lit à deux niveaux. Le plus utile est celui-ci : dix critères, notés chacun sur 3 points — sauf l’installation au poste de conduite, sur 2.

Critère évaluéPoints
Installation au poste de conduite2
Vérifications intérieures et extérieures3
Manipulation des commandes3
Prise d’informations3
Maîtrise de l’allure3
Respect de la réglementation3
Communication avec les autres usagers3
Positionnement sur la chaussée3
Respect des espaces de sécurité3
Autonomie et conscience du risque3
Courtoisie au volant1 bonus
Conduite économique et écologique1 bonus
Total31

Soit 29 points évalués sur votre conduite, plus 2 points bonus. 20 suffisent — vous pouvez donc perdre 11 points et repartir avec le permis.

Comment ces 10 critères se regroupent

Vous trouverez ailleurs la grille présentée en quatre grandes compétences. Ce n’est pas une autre grille : c’est la même, vue de plus haut.

CompétencePoints
Connaître et maîtriser son véhicule
installation + vérifications + commandes
8
Appréhender la route
prise d’informations + allure + réglementation
9
Partager la route avec les autres
communication + positionnement + espaces de sécurité
9
Autonomie et conscience du risque3
Points bonus2

8 + 9 + 9 + 3 + 2 = 31. Les deux présentations tombent juste. Si vous voyez des chiffres qui ne s’additionnent pas à 31, la source est approximative.

Préparation finale

Le Pack Réussite reprend ces dix lignes une par une : ce que l’inspecteur coche, et ce qui fait passer de 1 à 2 ou de 2 à 3.

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Ce que l’inspecteur regarde, ligne par ligne

Installation au poste de conduite — 2 points

Siège, dossier, appuie-tête, rétroviseurs, ceinture. Deux points qui se gagnent avant même de démarrer, et que l’on rate en allant trop vite. Prenez le temps, commentez vos réglages : l’inspecteur voit que c’est une habitude, pas une mise en scène.

Vérifications intérieures et extérieures — 3 points

C’est la question orale sur le véhicule, tirée d’une liste de 100. Trois points, pour une question qui se révise assis, la veille, sans voiture.

La structure attendue tient en trois gestes : montrer l’élément du doigt, le nommer exactement, puis expliquer son rôle en une phrase. « Le témoin de pression d’huile », et non « le truc rouge ».

La moitié du travail consiste à savoir où se trouvent les choses sur la voiture de l’examen. Faites le tour avec votre moniteur pendant les dernières leçons.

Manipulation des commandes — 3 points

Démarrage, embrayage, passage des rapports, freinage, direction. Ce qui se note, c’est la fluidité : une voiture qui avance sans à-coups, des changements de rapport au bon moment, un freinage progressif.

Prise d’informations — 3 points

Les regards. Rétroviseurs, angles morts, contrôles avant chaque action. C’est le critère le plus observé de toute la grille, et le plus facile à oublier quand la pression monte.

Un regard doit se voir. Tournez la tête : un coup d’œil des yeux seuls ne se remarque pas depuis le siège passager.

Maîtrise de l’allure — 3 points

Rouler à la bonne vitesse pour la situation, pas seulement sous la limite. Trop lent compte aussi : hésiter à 30 km/h sur une route à 50 gêne la circulation et se note.

Respect de la réglementation — 3 points

Panneaux, feux, priorités, lignes au sol. Attention à la nuance : une infraction sans danger coûte des points sur cette ligne. La même infraction avec un danger devient une faute éliminatoire.

Communication avec les autres usagers — 3 points

Clignotants mis assez tôt et coupés après, position claire, regard échangé avec un piéton. Conduire de façon lisible : les autres doivent deviner votre intention.

Positionnement sur la chaussée — 3 points

Rester dans sa voie, se placer correctement en virage, en tourne-à-gauche, dans un rond-point. Les ronds-points sont le grand pourvoyeur de points perdus sur cette ligne.

Respect des espaces de sécurité — 3 points

La distance avec le véhicule devant, l’écart en croisant un cycliste, la place laissée aux piétons. La règle des deux secondes s’applique : choisissez un point fixe, comptez deux secondes après le passage du véhicule précédent.

Autonomie et conscience du risque — 3 points

Trois points, et trois sous-parties : 1 pour l’analyse de la situation, 1 pour l’adaptation, 1 pour la conduite autonome — le moment où l’inspecteur cesse de vous guider et vous donne une direction à suivre seul.

Ce qui fait perdre ces points n’est presque jamais une erreur de conduite, mais l’hésitation : ralentir sans raison, chercher l’approbation de l’inspecteur du regard. Et si vous vous trompez de direction, ce n’est pas une faute : personne ne vous note sur votre sens de l’orientation.

Les deux points bonus

Courtoisie : laisser passer un piéton hésitant, remercier d’un geste, ne pas coller. Conduite économique : anticiper au lieu de freiner sec, passer le rapport supérieur sans traîner dans les tours. Deux points gratuits pour qui sait qu’ils existent.

La notation : 0, 1, 2, 3… ou E

Chaque ligne reçoit une note :

NoteCe qu’elle signifie
0Non acquis
1En cours d’acquisition
2Acquis
3Maîtrisé
EFaute éliminatoire

C’est ici que beaucoup se trompent : un 0 n’est pas une faute éliminatoire. Un 0 vous coûte trois points sur une ligne. Un E arrête tout, quel que soit le total.

Autre conséquence rarement comprise : vous n’avez pas besoin de 3 partout. Des 2 sur l’ensemble de la grille vous donnent largement plus que 20. Viser « correct partout » est une meilleure stratégie que viser l’excellence sur deux ou trois lignes.

La faute éliminatoire

Une faute éliminatoire n’est pas une grosse erreur parmi d’autres. C’est un comportement qui crée un danger, ou qui oblige l’examinateur à intervenir. Dès qu’elle est cochée, le total ne compte plus.

Les plus fréquentes :

  • L’intervention de l’examinateur — il touche le volant ou une pédale. La plus classique, et de loin.
  • Ne pas marquer l’arrêt à un stop, ou franchir un feu rouge.
  • Refuser une priorité quand cela force un autre usager à freiner ou à dévier.
  • Circuler du mauvais côté de la chaussée.
  • Une manœuvre dangereuse — s’engager sans visibilité, reculer sans contrôler, monter sur un trottoir où passent des piétons.

La ligne de partage est simple à retenir : ce n’est pas la maladresse qui élimine, c’est le danger.

Un créneau raté puis repris proprement : aucun problème, on se reprend, c’est autorisé. Un créneau réussi du premier coup en reculant sans regarder derrière : c’est le second qui pose problème.

Le module le plus lu du pack

« Erreurs éliminatoires expliquées » fait le tri complet : ce qui élimine, ce qui coûte seulement des points, et ce qui ne compte pas malgré les idées reçues.

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« J’ai fait une faute éliminatoire, est-ce que j’ai quand même le permis ? »

C’est la question la plus posée sur ce sujet. La réponse est non : un E coché signifie un échec, même avec 28 points sur 31.

Si vous avez reçu un résultat favorable alors que vous étiez persuadé d’avoir commis une faute éliminatoire, c’est presque toujours l’une de ces trois situations :

  • Ce n’était pas une intervention. L’examinateur a parlé, indiqué, prévenu — sans toucher aux commandes. Une consigne orale n’est pas une intervention.
  • L’erreur a été notée 0 sur une ligne, pas E. Vous avez perdu des points, pas l’examen.
  • Vous avez corrigé à temps, et le danger n’a jamais existé.

Autrement dit : si vous avez le permis, vous n’avez pas fait de faute éliminatoire. Les deux ne peuvent pas coexister. Et l’inverse est vrai aussi — beaucoup de reçus sortent persuadés d’avoir raté.

Les 5 points qui ne se jouent pas au volant

Reprenez la grille et regardez le bas. Cinq des 31 points ne récompensent pas votre pilotage :

  • 3 points d’autonomie et conscience du risque
  • 1 point de courtoisie
  • 1 point de conduite économique

Cinq points sur les vingt nécessaires : un quart du chemin, qui tient à l’attitude et à la préparation plutôt qu’au talent. Ajoutez les 3 points des vérifications, qui se révisent sur papier, et vous arrivez à 8 points sur 20 accessibles sans une heure de conduite supplémentaire.

C’est probablement l’information la plus utile de cette page, et presque personne ne la connaît avant de passer.

Le déroulé de l’épreuve

L’épreuve dure environ 32 minutes, dont 25 à 30 minutes de conduite effective. Elle comprend :

  • Au moins deux manœuvres, tirées de quatre : créneau, rangement en épi, demi-tour, marche arrière en ligne droite.
  • Une phase de conduite autonome, où vous suivez une direction ou rejoignez une destination sans être guidé.
  • Les questions orales, dont la vérification du véhicule qui vaut 3 points.

Sur les manœuvres, une précision qui rassure : on note le procédé, pas le résultat. Les contrôles, la lenteur maîtrisée, la capacité à se reprendre. Un créneau terminé à trente centimètres du trottoir mais réalisé avec des regards propres vaut mieux qu’un créneau parfait fait à l’aveugle.

Ce que disent les chiffres de 11 301 auto-écoles

Nous avons cartographié les 11 301 auto-écoles agréées de France — 99 départements — à partir des données officielles, avec le taux de réussite réel de chacune au permis B. Trois choses en ressortent, et elles changent la façon de lire votre propre résultat.

Un : échouer est ordinaire. Dans de nombreux départements, la moyenne tourne autour de 60 %. Environ quatre candidats sur dix repassent. Ce n’est pas une exception, c’est le parcours le plus courant après la réussite du premier coup.

Deux : l’écart entre deux écoles d’un même département est énorme. Dans le Nord, la première affiche près de 90 % de réussite quand d’autres restent sous les 55 %, pour une moyenne départementale de 59,8 %. Même département, mêmes inspecteurs, même grille.

Trois : le volume compte autant que le taux. 90 % de réussite sur 20 candidats peut être de la chance. 75 % sur 300 candidats, c’est une méthode. Regardez toujours les deux chiffres ensemble.

La carte complète est en libre accès : votre département, puis votre école, avec son taux officiel et son volume de candidats.

Questions fréquentes

Combien de points faut-il pour avoir le permis ?

20 sur 31, sans aucune faute éliminatoire.

Est-ce qu’on peut avoir le permis avec 20 points pile ?

Oui. 20 est le seuil, pas une marge à dépasser.

Une faute éliminatoire annule-t-elle tous mes points ?

Elle rend le total sans objet. Vous pouvez avoir 28 points et échouer.

Caler, est-ce éliminatoire ?

Non. Caler coûte éventuellement des points sur la manipulation des commandes. Ce qui pèse davantage, c’est ce que vous faites dans les trente secondes qui suivent : le candidat qui rumine oublie ses contrôles et enchaîne les points perdus.

Peut-on se reprendre pendant une manœuvre ?

Oui, c’est prévu. Insister dans une trajectoire qui ne passe pas est plus pénalisant que de recommencer proprement.

Combien de temps dure l’examen ?

Environ 32 minutes, dont 25 à 30 minutes de conduite effective.

Se tromper de direction pendant la conduite autonome ?

Ce n’est pas une faute. En revanche, une manœuvre dangereuse pour se rattraper en est une.

Quand reçoit-on le résultat ?

Il n’est jamais donné sur place. Il est consultable en ligne quelques jours après l’épreuve. L’attitude de l’inspecteur pendant l’examen ne présage de rien.

À retenir

  • 20 points sur 31, et zéro faute éliminatoire.
  • Dix critères, chacun noté de 0 à 3 — ou E, qui arrête tout.
  • Un 0 coûte des points. Un E coûte l’examen. Ce sont deux choses différentes.
  • La faute éliminatoire sanctionne le danger, pas la maladresse.
  • 8 points sur les 20 se préparent hors de la voiture : vérifications, autonomie, courtoisie, éco-conduite.
  • Une erreur ordinaire ne fait pas échouer ; l’enchaînement qui suit, oui.

Avant votre épreuve

La grille décodée ligne par ligne, les erreurs éliminatoires expliquées, les 24 réponses aux questions de l’inspecteur, le plan des 7 derniers jours et le kit anti-stress du Jour J.

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Barème et déroulé vérifiés en septembre 2026 auprès du barème 2026 de Codes Rousseau et de Prépacode / ENPC. Taux de réussite : données publiques de l’État, 11 301 auto-écoles agréées. Cette page est un contenu pédagogique indépendant, non affilié à l’administration.